Laboratoire de résistance sémiotique

Traduire «Le monde de demain» - Rencontre avec l'artiste Skawennati

Traduire Le monde de demain / Tomorrow People

Rencontre avec l'artiste Skawennati

Jeudi 30 mars 2017 à 18 h

Université Concordia, salle MB 3.255, 3e étage, 1450, rue Guy, Montréal.

Le chantier de recherche Traduire les humanités présente un deuxième atelier de son cycle 2016-2017 sur le thème de la traduction et de la résistance autochtone dans le contexte colonial canadien.

Nous accueillons l’artiste kanien’kehá:ka Skawennati qui discutera de sa plus récente exposition solo, Le monde de demain, présentée du 4 février au 18 mars à la galerie OBORO.

À propos de l'artiste Skawennati

Skawennati réalise des œuvres qui abordent l’histoire, l’avenir et la transformation. Ses projets d’art médiatique novateurs incluent CyberPowWow (1997-2004), Imagining Indians in the 25th Century (2001) et TimeTraveller™ (2008-2013). Ils ont été présentés à travers l’Île de la Tortue (Amérique du Nord) dans le cadre d’expositions majeures telles que Now? NOW! à la Biennial of the Americas à Denver (Colorado) et Looking Forward (L’Avenir) à la Biennale de Montréal. Elle a reçu le Best New Media Award du festival imagineNative en 2009, ainsi qu’un Contemporary Art Fellowship du Eiteljorg Museum en 2011. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections publiques et privées.

Née dans le territoire mohawk de Kahnawake, Skawennati est détentrice d’un baccalauréat en Beaux-Arts de l’Université Concordia à Montréal, où elle vit et travaille. Elle codirige, aux côtés de Jason E. Lewis, Aboriginal Territories in Cyberspace (AbTeC), un réseau de recherche composé d’artistes, d’universitaires et de technologues voués à la création, à l’exploration et à la critique d’environnements virtuels autochtones. Elle est aussi la codirectrice des ateliers Skins qui portent sur les pratiques narratives et médiatiques expérimentales autochtones. En 2015, AbTeC a mis sur pied le projet IIF (Initiative for Indigenous Futures).

Le monde de demain

Voici une description de l’exposition par Claudine Hubert, directrice générale par intérim et directrice artistique d’OBORO:

Le monde de demain regroupe une sélection d’œuvres récentes qui ont en commun une recherche sur les notions de temps et du soi. Par les mécanismes pluriels du jeu, l’artiste démultiplie sa propre image en se créant un avatar qui connaît une existence concrète dans l’Internet, notamment sur la plateforme de réalité virtuelle Second Life. Skawennati fait se côtoyer des récits et objets traditionnels kanien'kehá:ka avec de nouvelles technologies et des procédés artisanaux. Par exemple, la sculpture Generations of Play réunit trois figures - une poupée Barbie industrielle, une poupée de cosse de maïs fabriquée à la main, et une impression 3D de l’avatar de l’artiste - symboles d’autoreprésentation qui évoquent trois générations de filiation. Outre le référent familial, les trois sœurs renvoient aux éléments centraux des pratiques agricoles haudenosaunee : le maïs, le haricot et la courge.

Dans le machinima Words Before All Else Part 1, placé à l’entrée de la salle d’exposition, l’avatar de l’artiste accueille les visiteurs en récitant la première strophe du Thanksgiving Address, une longue récitation qui reconnaît et remercie les êtres et les plantes, l’eau et les animaux, l’univers et les éléments de la nature, positionnant notre présence dans un continuum. Situé dans un espace médiatique fictif profondément actuel, le personnage est historicisé par le média par lequel il apparaît.

Skawennati donne à la voix, qui porte les récits oraux d’une génération à l’autre, le potentiel d’inscrire les traditions dans la continuité de l’art : elle perpétue un patrimoine immatériel en le transitant par un médium contemporain. Avec Le monde de demain, Skawennati renverse la lecture traditionnelle du temps et de l’espace, plaçant à la fois le futur et le monde — les individus et ce qui les entoure — dans un imaginaire ludique et non linéaire.