Laboratoire de résistance sémiotique

La traduction aux Nouveaux Chemins de la connaissance

Cette semaine, l'émission Les Nouveaux Chemins de la connaissance à France Culture propose une série d'entretiens sur la traduction. Le premier épisode se propose de questionner ce qu'est le traduire, avec Marc de Launay. Voici le descriptif de la série:

La traduction donne à l’homme ses meilleures leçons d’humilité : pour être précise et fidèle, elle n’est jamais parfaite. Car entre le sens et l’intention, entre ce que le texte exprime et ce que l’auteur veut dire, il faut choisir, et ce choix engage rien de moins qu’une conception du sens comme événement. De deux choses l’une : ou bien la multiplicité des langues ne sont que les diverses manifestations d’un sens originaire et universel, qui, pour être le ciment de l’humanité, n’appartient à personne, ou bien elles sont le signe que le sens échappe toujours en partie au langage, auquel cas l’écriture serait une tentative jamais close de ressaisir ce reste, cet au-dehors du langage sans lequel l’art n’aurait plus lieu d’être.

Parce qu’elle met le langage à l’épreuve du sens, la traduction est affaire de deuil : celui de la perfection, à laquelle on doit préférer la réussite. Et c’est tant mieux, nous dit Ricoeur, qui situe dans ce deuil de la traduction absolue le bonheur même de traduire.

Ainsi conçue, la traduction serait le meilleur étalon de la mesure de l’homme, ni ange ni bête, tiraillé entre la quête de sens ultime et l’acceptation que celui-ci lui échappe, révélant ce que la finitude peut avoir de créateur. Si le traducteur est un traitre, alors c’est le lot commun, tant le langage est toujours lui-même affaire de traduction, du collectif au singulier, de l’objectif au subjectif, de l’original à l’interprétation.

Mais alors, que faire des intraduisibles? De ce que seule l’interprétation peut donner la clé et dont les rêves sont la manifestation la plus tangible et la moins partageable? Faut-il sacrifier l’auteur au nom de ce que nous avons sous les yeux? À moins que nous ne soyons tous auteurs d’un sens que nous passons notre vie à vouloir traduire?

Dans le deuxième épisode, on peut entendre la psychanalyste Anne Dufourmantelle à propos de ce que disent nos rêves.

Le troisième épisode, avec Jean-René Ladmiral, s'intéresse à la misère et la splendeur de la traduction.

Finalement, c'est Barbara Cassin qui termine la série en se demandant que faire des concepts intraduisibles.