Instagram Блеск Laboratoire de résistance sémiotique

Facebook Блеск

La poésie est-elle antispectaculaire?

Instagram Детейлинг visit Récemment, Joséane Beaulieu-April a publiée une citation de René Lapierre dans son carnet de recherche et je me suis dit qu’il fallait que je réagisse. Voici donc la citation en question:

Facebook Автостудия Глянец go « le poème est antispectaculaire » — R. Lapierre, Renversements, Montréal, Les Herbes Rouges, 2011, p. 114.

https://www.facebook.com/detailing.com.ua Facebook Детейлинг Si je peux comprendre que la poésie est une pratique de création se situant à des kilomètres de la culture consumériste-utilitariste, j’ai quand même quelques doutes sur l’opposition tranchée entre la poésie et la Société du spectacle (je vous renvoie ici à l’ouvrage de Guy Debord portant ce titre). Bien entendu, je n’irais pas jusqu’à dire que la poésie est fondamentalement spectaculaire, cependant, il est pertinent, à mon avis, de se demander si toute poésie est antispectaculaire. En effet, est-ce que certaines formes de poésie ne sont pas aussi des éléments faisant partie du spectacle debordien? Est-ce qu’au contraire, toute poésie qui serait spectaculaire serait donc à considérer comme n’étant pas (ou n’étant plus) de la poésie? D’ailleurs, selon Debord, toute contestation du spectacle peut à son tour devenir le spectacle. La poésie contemporaine occupe, j’enfonce une porte  déjà grande ouverte, un espace relativement limité dans notre sphère culturelle. Cette marginalité, si je puis dire, permet-elle à la poésie d’échapper un peu plus au spectacle que ne le fait le roman? Même en élargissant la poésie à la littérature dans son ensemble, c’est d’ailleurs une conception ancienne qu’on retrouve entre autre chez Diderot, je doute qu’on puisse avec certitude dire que la littérature est antispectaculaire. La littérature peut-elle être antispectaculaire? Je ne sais pas, mais elle peut certainement être spectaculaire, au sens de participer au spectacle. La littérature véhicule des conceptions du monde, et en ce sens, il est fort probable que la littérature ou certaines littératures véhiculent l’idéologie du spectacle.

La poésie-performance

https://www.instagram.com/detailing_studio Instagram Автостудия Глянец Puisque je m’intéresse à la poésie-performance, j’imagine qu’il serait pertinent de me pencher sur celle-ci pour réfléchir à cette spectacularité. L’un des commentaires qui revient souvent chez les poètes et le public de poésie, c’est que la performance nous détournerait du texte poétique; l’action perturberait (trop?) la poésie. De ce point de vue, certains diront que la performance vient spectaculariser la poésie. Or, l’art performance est né dans un contexte culturel où il s’agissait d’éviter le théâtre et le spectacle, puisque ces derniers seraient trop éloignés des choses réelles. La facticité que les performeurs et performeuses des débuts de la performance reprochaient au spectacle devait être remplacer par la réalité d’une action concrète présentée telle quelle au public. Qui plus est, la performance comme pratique de l’éphémère était pensée comme une manière de résister au marché de l’art et aux institutions. Dans ce sens, on pourrait dire que la performance avait comme mandat de s’opposer à la société spectaculaire. Du coup, on peut se demander si la performance échappe vraiment au spectacle ou si elle se fait avaler par la spectacularisation. Cependant, cette possibilité de «tomber dans le panneau» de la société spectaculaire n’est pas spécifique à la poésie-performance, mais me semble être une possibilité qui concerne tout type de création.
Enfin, la poésie-performance offre un type d’oeuvre dont le sens ne repose plus seulement sur le texte mais sur la cohabitation des mots et de l’action. Ce n’est donc pas une spectacularisation du texte qui s’effectue par la performance, mais une resémiotisation.

Hello Budy! plugin is activated, now you need to set option from Settings -> Sticky Header/Footer menu