Laboratoire de résistance sémiotique

Métamorphoses des écrans : Langage(s), gestuelles et rhétorique des écrans

Résumés de la deuxième rencontre du chantier Métamorphoses des écrans du 15 octobre 2013, organisée par le Laboratoire MICA à Bordeaux 3, en visioconférence avec l'Université de Limoges et l'Université du Québec à Montréal.

«Rhétorique de l'interaction entre l'usager et les objets numériques»

 par Nicole Pignier

Les concepts d’interactivité et d’interaction sont au centre de la réflexion de Nicole Pignier pour penser les modalités d’interaction gestuelle des usagers avec les objets numériques, en tenant compte du rôle de l’interface. Elle propose d’envisager les gestes requis par le dispositif matériel et informatique pour interagir avec la machine comme une modalité, c’est-à-dire un ensemble de règles spécifiques porteur de sens, qui consiste à articuler les signes entre eux. Dans sa communication, elle a dégagé trois modalités différentes d’interaction gestuelle en fonction de critères syntaxiques (caractéristiques spatio-temporelles, positionnement du geste, latence), sémantiques et rhétoriques (sensations tactiles, critères figuratifs et tangibles), en relation avec des dispositifs et usages particuliers. Il s’agit des modes d’interaction par simulation, par apprentissage ou encore par habitude.

* Nicole Pignier est Maître de conférences HDR à l’Université Limoges. Qualifiée aux fonctions de professeur en Sciences de l'information et de la communication, elle mène ses recherches au Centre de Recherches Sémiotiques sur les finalités du design numérique et de ses usages. Elle est co-directrice du département Sciences du langage et de l'information-communication à la Faculté des Lettres et des sciences humaines de l'Université de Limoges et a la responsabilité pédagogique de la licence professionnelle Webdesign sensoriel et stratégies de création en ligne. Elle co-dirige avec Benoît Drouillat la revue Interfaces numériques publiée chez Hermès-Lavoisier.

«L’expérience corporelle de la page-écran» par Emilie Lechenaut

En s’interrogeant sur l’expérience corporelle du manga dans sa dimension papier et animé, Emilie Lechenaut a interrogé les notions d’écran, d’interactivité et de perception. L’écran est envisagé comme un territoire d’errance qui modifie le rapport à l’image, et génère un autre rapport à la lecture, plus participatif. Le spectateur est à la fois un lecteur et un visualisateur qui est à la fois en dedans et en dehors de l’écran. La page-écran est envisagée comme un mode de lecture et de visionnement (par le geste interfacé du tourné), ce qui souligne la dimension tactile et narrative de l’écran. La page-écran est cet espace intermédiaire qui ouvre sur une expérience et qui déterritorialise le corps.

* Emilie Lechenaut est docteure en Sciences de l’information et de la communication, diplômée de l’Université Bordeaux 3. Elle a soutenu sa thèse intitulée «Le Manga: un dispositif communicationnel. Perception et interactivité», sous la direction de Patrick Baudry, Pr. à Bordeaux 3. Ses travaux portent sur l’analyse des dispositifs visuels, leur mode de lecture et leurs enjeux perceptifs, notamment en terme d’expérience corporelle. Elle a récemment publié un article intitulé «Formes et jeux visuels. Multidimensions de l’image manga», dans La Transition du sensible (sous la direction d’Alain Mons), PUB, Bordeaux, 2013.

«Ecrans et proxémie» par Patrick M'Pondo Dicka

Pour Patrick M’Pondo Dicka, l’écran fait partie d’un dispositif global. Il propose alors d’aborder l'évolution contemporaine des écrans du point de vue de l'intégration du dispositif auquel l'écran appartient dans notre propre dispositif proxémique. Dans sa communication, il est revenu sur une généalogie des écrans (la lanterne magique et cinéma, les écrans cathodiques puis numériques) pour s’intéresser aux situations de communication liées à ces différents dispositifs. Pour le chercheur, il s’agit aussi de mettre en perspective la distance avec la médiation technique qui intervient dans la relation, comme un tiers médiateur et participant, à partir de la notion de zone distale proposée par François Rastier. Il a aussi proposé de rendre compte du rapport présence/distance en observant l’évolution du rôle du téléphone portable dans la communication interpersonnelle en face à face.

* Patrick M’Pondo Dicka, est Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Toulouse le Mirail, au département Arts&Com, et membre du Laboratoire d'Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales. Ses recherches portent sur les discours et les usages de l’audiovisuel et du numérique et plus largement, sur les manifestations de la culture numérique. Il co-préside le colloque scientifique Ludovia, université d’été de la e-éducation et des applications ludiques et pédagogiques. Il a récemment publié un article intitulé «Sémiotique, numérique et communication», dans le n°3 de la revue RFSIC (2013).

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