Laboratoire de résistance sémiotique


La Grèce et Rome : des multiculturalismes à l... par Bpi_Centre_Pompidou

Florence Dupont avec Barbara Cassin sur Rome et la Grèce antique

Organisée par Barbara Cassin, cette conférence de Florence Dupont a été prononcée dans le cadre d'un cycle de conférences à la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou à Paris. Dupont critique la thèse selon laquelle un universalisme, et donc une forme antique du multiculturalisme, aurait été pensé à Rome, en opposition à la distinction Grecs/barbares en Grèce:

Pour sortir des idées reçues sur la perception de l'identité et de la citoyenneté dans l'Antiquité grecque et romaine. Comment la question des fondations, des cultures multiples, des langues multiples, inspire dès cette époque des stratégies remarquables qui nous aident à penser le présent.

Afin de critiquer la notion d'universalisme plaquée sur le monde antique, Dupont relève la traduction canonique d'un vers célèbre de Térence (190-159 av. J.-C.) pour le retraduire à son tour:

Homo sum, humani nihil a me alienum puto.

Je suis un homme, je considère que rien de ce qui est humain ne m'est étranger.

I am a human being, I consider nothing that is human alien to me.

Elle remarque qu'entre les deux propositions, il y a une asyndète, ce qui implique une opposition et doit se traduire avec un «mais», puis que homo désigne en latin un «quidam» («n'importe qui») et que, finalement, humani qui n'est pas lié étymologiquement à homo désigne le «savoir-vivre», les «bonnes manières». Dupont retraduit donc le vers ainsi:

Je ne suis peut-être qu’un pauvre mec, mais quand même, je sais bien me tenir.


 

Deux autres conférences de ce cycle sont disponibles: une conférence de l'ethnopsychologue Vinciane Despret et une table ronde avec Souleymane Bachir Diagne et Étienne Balibar.