Ce langage qui fascine mais dont le fonctionnement nous échappe

Comment comprendre le rapport complexe qui se joue entre les mots et les choses? Le mot « tigre » ne mord pas, certes, mais il renvoie bien au félin le plus dangereux qui soit et dont chacune et chacun possède, pour elle-même, pour lui-même, une représentation. La disjonction sémantique, peu réfléchie, a toutes les apparences d’une adéquation simple (« tigre » = tigre), mais celle-ci, évaluée, retournée, considérée sous toutes ses coutures, n’en finit jamais de fasciner, car elle ne se laisse définitivement pas saisir.

Penser les déterminations biologiques du jeu avec Henri Laborit

C’est à la sphère du jeu chez les humains et son rapport à l'imaginaire que je souhaite restreindre ma réflexion. Dans ce domaine, tout le génie de Laborit tient à ce qu’il a su bâtir une théorie intégrée basée sur le principe de l’inhibition de l’action, lequel principe, explique-t-il, a donné lieu, chez l’humain, à une disposition importante, soit celle, concomitante au développement du langage et donc de la pensée symbolique, de la fuite dans l’imaginaire. Et c’est par cette fuite, soutiens-je, que s’instaure le jeu.

La fuite comme résistance : une approche biosémiotique

Ce texte reprend en grande partie ma proposition de communication en vue du premier colloque international organisé par le Laboratoire de résistance sémiotique, Penser la résistance en sémiotique, qui aura lieu à l'Université du Québec à Montréal, les 11 et 12 septembre 2014.

LIGNES DE FUITE // Seront soulevées, au prisme de la biosémiotique, les notions d’escapisme, d’organisation sociale axée sur la dominance et, revisitant le concept d'Umberto Eco, d’encyclopédie aliénante et d'asservissement sémiotique, mais également du devenir-machine entrecroisé à la pensée des lignes de fuite de Félix Guattari.

Travail & suicide : logique de la mort ultralibérale

Les premiers signes d'évidence de l'effondrement d'une civilisation sont les plus douloureux pour qui sait ressentir la honte de s'en reconnaître partie prenante. Tout ne lâchera pas d'un coup, mais les plus résistants sont souvent aussi les plus sensibles — les plus susceptibles de se laisser aller à l'abandon ultime, reconnaissant que la monstruosité de l'espèce ne peut se mesurer qu'à l'ampleur de la tâche nécessaire à son redressement, tâche qui ne saurait par elle être dessinée sur le long cours. La mesure grandissante du désordre de notre système en constante densification finit par peser fatalement sur les corps en présence. La résistance est d'abord un principe physique.

La résistance ne se soutient qu'à lancer les dés d'une re-création.
Véronique Bergen, Résistances philosophiques, 2009.
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